Caviarder : définition, origine du mot et exemples
Caviarder, c'est rendre illisibles ou supprimer certains passages d'un texte avant de le diffuser, à l'origine en les recouvrant d'encre noire. Le caviardage désigne à la fois cette opération et son résultat : un document caviardé est un document dont une partie a été noircie, effacée ou retirée, le reste demeurant lisible. Le mot appartient d'abord au vocabulaire de la censure de presse ; il sert aujourd'hui dans l'administration, la justice et l'entreprise pour parler de tout document partagé après retrait de ses informations sensibles.
Le Dictionnaire de l'Académie française en donne deux sens. Au sens propre, caviarder consiste à noircir à l'encre les passages d'un texte interdits par la censure. Par extension, le verbe signifie supprimer ou censurer tout ou partie d'un écrit. L'Académie le classe comme familier et le date du XXe siècle, en le rattachant au nom caviar.
Les recherches sur ce mot portent souvent sur trois questions : que veut dire caviarder un document, pourquoi parle-t-on de caviar, et à quoi ressemble un caviardage réel. Nous y répondons dans cet ordre, avec des exemples tirés de la presse, des administrations et des documents professionnels. Pour la pratique, c'est-à-dire la manière de caviarder un fichier Word ou PDF sans laisser de trace, la page caviarder un document détaille la méthode. Le mot voisin, biffer, a son propre article : qu'est-ce que le biffage d'un document. Les deux termes décrivent le même geste, mais leur histoire et leur usage diffèrent.
Que veut dire caviarder ? Définition et sens du mot
Caviarder est un verbe transitif : on caviarde un article, un rapport, une lettre, un passage. Le nom correspondant est le caviardage, et l'adjectif caviardé qualifie le document ou le passage traité. Trois sens coexistent dans l'usage actuel, du plus ancien au plus courant.
- Le sens historique : la censure noircit les lignes d'un journal ou d'un livre jugées dangereuses par le pouvoir, avant leur diffusion.
- Le sens journalistique : une rédaction, un éditeur ou une autorité coupe une partie d'un texte. On dit qu'un article « a été caviardé » quand des passages ont disparu avant publication.
- Le sens administratif et professionnel : on retire d'un document les informations qui ne doivent pas en sortir (noms, numéros, données de santé, secrets d'affaires) afin de pouvoir communiquer le reste.
Ce troisième sens est le plus courant aujourd'hui. Le code des relations entre le public et l'administration (article L311-7) prévoit ainsi qu'un document administratif contenant des mentions non communicables est transmis après « occultation ou disjonction » de ces mentions : c'est un caviardage au sens propre, encadré par la loi.
Plusieurs mots voisins circulent. Biffer signifie rayer d'un trait ; occulter est le terme retenu par la justice pour les décisions publiées ; anonymiser vise à empêcher toute identification d'une personne. En anglais, on parle de redaction, un faux ami : le mot ne désigne pas la rédaction d'un texte mais bien son caviardage. Le glossaire du site précise ces nuances et les définitions de chaque terme.
Pourquoi dit-on caviarder ? L'origine du mot
Le verbe vient de l'expression « passer au caviar ». L'explication la plus répandue, reprise notamment par l'Office québécois de la langue française, renvoie à la censure de l'Empire russe sous le tsar Nicolas Ier, au XIXe siècle. Les censeurs recouvraient d'encre noire les passages interdits des journaux et des livres importés. Les taches noires, serrées sur la page, évoquaient les grains du caviar, produit emblématique de la Russie. Un texte ainsi traité était « passé au caviar ».
L'image a fait son chemin en français. L'expression s'est installée dans le vocabulaire de la presse, puis a donné le verbe caviarder et le nom caviardage, que l'Académie française date du XXe siècle. Le mot a conservé une nuance de censure, parfois ironique : dire qu'un rapport a été caviardé laisse entendre qu'on a voulu cacher quelque chose.
Deux remarques aident à bien employer le terme :
- le caviardage porte sur une partie du texte, jamais sur le document entier : un document retiré de la circulation est censuré ou supprimé, pas caviardé ;
- le résultat attendu est l'illisibilité définitive du passage, ce qui distingue le caviardage d'un simple surlignage ou d'un trait qui laisse le texte lisible.
Ce dernier point a pris une importance nouvelle avec les documents numériques. Sur papier, l'encre noire détruisait réellement l'information. Sur un fichier, un aplat noir peut n'être qu'une forme posée au-dessus d'un texte toujours présent. Le mot reste le même, mais la technique doit suivre : un caviardage numérique doit retirer le texte du fichier, pas seulement le masquer à l'écran.
Exemples de caviardage, du journal au document numérique
- La presse censurée : pendant les conflits, des colonnes entières de journaux paraissent noircies ou laissées en blanc après le passage de la censure militaire.
- Les rapports publics : en 2019, le rapport du procureur spécial Robert Mueller a été rendu public aux États-Unis avec de nombreux passages noircis, accompagnés d'un code indiquant le motif de chaque retrait.
- Les documents administratifs : une collectivité communique un marché public après avoir caviardé les prix unitaires et les mentions couvertes par le secret des affaires.
- Les pièces professionnelles : un service RH transmet un contrat de travail à son avocat en caviardant le numéro de sécurité sociale .
Le caviardage numérique a aussi ses échecs célèbres : des rectangles noirs posés sur un texte qu'un simple copier-coller faisait réapparaître. Nous les racontons dans l'article effacer du texte dans un PDF : ce qui disparaît vraiment. La leçon est constante : un caviardage fiable retire l'information du fichier, y compris dans les métadonnées.
C'est le principe de Biffer, le logiciel que nous éditons. Il repère sur votre ordinateur, hors ligne, les noms, coordonnées, numéros et champs propres à 18 métiers, puis réécrit le texte : la donnée est remplacée par un alias ou un masque et disparaît du fichier. Sur un scan ou une image, les pixels sont noircis de façon définitive. Le cas particulier du PDF est traité sur la page biffer un PDF, et le détail des fonctions sur la page comment ça fonctionne.
Caviardez vos documents en retirant vraiment le texte
Biffer, édité par Opcadia et conçu par Romain Rissoan, formateur et consultant, fonctionne sur Mac et PC, entièrement hors ligne. La version gratuite traite cinq fichiers par mois avec toutes les fonctions ; l'usage illimité coûte 10 € HT, payés une seule fois.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un document caviardé ?
C'est un document dont certains passages ont été noircis, effacés ou remplacés avant sa diffusion, le reste demeurant lisible. Un document correctement caviardé ne contient plus l'information retirée : ni une sélection, ni un copier-coller, ni une recherche ne permet de la retrouver.
Quelle différence entre caviarder et biffer ?
Les deux verbes décrivent le fait de rendre un passage illisible. Caviarder vient de la censure et évoque l'aplat noir ; biffer signifie à l'origine rayer d'un trait et s'emploie plus largement, y compris quand une information est remplacée par un alias ou une étiquette neutre.
Peut-on enlever le caviardage d'un document ?
Sur papier ou sur une image dont les pixels ont été noircis, non. Sur un fichier où un rectangle noir a seulement été posé par-dessus le texte, oui : il suffit de déplacer la forme ou de copier le passage. D'où l'intérêt d'un outil qui supprime réellement le texte.
Vos documents professionnels anonymisés, prêts à être diffusés publiquement ou à un outil d'IA.
Biffer tourne sur votre ordinateur sans envoyer le moindre fichier. Gratuit pour cinq fichiers par mois, illimité pour 10 € HT par poste.
100 % hors ligne · Gratuit : 5 fichiers par mois · Aucun fichier envoyé